Conférenciers

BELLAT, Fabien
La déportation, la dynamite et le retour des icônes – Monastères en Russie

Université Paris X
(France)

Fabien Bellat est docteur en histoire de l’art à l’Université Paris X. De Paris à Moscou, il a centré ses recherches sur la Russie soviétique et son architecture, et a enseigné l’histoire de l’art contemporain à l’Université de Nantes. Fabien Bellat a publié plusieurs articles sur la culture soviétique, dont « Le néo-académisme en URSS : une autre architecture », dans La Revue de l’art, 2008, n° 161. Ses communications « Place Rouge et URSS, patrimoine et propagande » et « Du sacré en URSS. L’art soviétique et l’invention d’un culte » ont été publiées dans les Cahiers de l’Institut du patrimoine de l’UQAM.

Résumé:
Dans le chaos de la chute de l’URSS, les lieux de culte furent l’objet d’une reconquête spontanée… L’État russe autorisa cette privatisation de Dieu, avec la complicité du patriarcat de Moscou. La conversion des couvents russes est donc liée à l’Histoire cernée entre 1917 et 1960, effaçant le sacré, non sans paradoxes.

Les monastères de Sergueiev Possad, des îles Solovki, Simonov, Novgorod et Istra subirent le calice d’amertume des atermoiements soviétiques face à l’encombrant patrimoine monacal orthodoxe. Le processus comprit semblant de tolérance, conversions carcérales, destructions à caractère de propagande et même des reconstructions à visées patriotiques.

Naviguer entre les évènements de 1992 et l’ère soviétique dévoile un phénomène historique rare. Aujourd’hui, la Russie veut son Histoire réversible. Si dans le monde se pose le problème de la désaffection des couvents, la Russie connaît le processus inverse, la réoccupation religieuse provoquant des restaurations souvent maladroites. Or le Kremlin cherche à peser sur cet héritage, utilisant l’orthodoxie comme instrument politique.

 

BENSON, Virginia O.
CROWTHER, Kathleen H.
HARWOOD, Sister Rita Mary
Trois cas d’utilisation adaptée de structures religieuses à Cleveland, Ohio

BENSON, Virginia O.
Cleveland State University
(États-Unis)

La Dre Virginia O. Benson a obtenu un doctorat en géographie à l’Université d’État de Kent, en Ohio (États-Unis). En tant que professeure associée d’études urbaines à l’Université d’État de Cleveland depuis 29 ans, elle a donné de nombreux cours de planification, de conception urbaine et de préservation historique, et depuis 12 ans, un cours spécifique sur les problématiques de conservation des lieux sacrés. Impliquée dans de nombreux projets, tant à Cleveland que dans l’État de l’Ohio, elle a siégé au comité North Coast Harbor, où elle a participé à la planification du front de mer. La Dre Benson est membre à vie de la Cleveland Restoration Society. Ses publications comprennent quatre livres et un certain nombre d’articles. Elle a également signé un chapitre dans les actes du colloque Quel avenir pour quelles églises?/What Future for Which Churches? Ses intérêts pour la recherche concernent l’avenir des églises et des bâtiments destinés au culte dans la région de Cleveland et partout aux États-Unis.

CROWTHER, Kathleen H.
Cleveland State University
(États-Unis)

Depuis 1987, Kathleen H. Crowther a été directrice exécutive de la Cleveland Restoration Society, une organisation régionale non gouvernementale œuvrant à la préservation historique, au moyen de prêts, de soutien technique, d’éducation et de sensibilisation de la population. Au cours de son mandat, la Cleveland Restoration Society s’est développée de façon spectaculaire en une organisation présentant un important rayonnement et une grande influence en matière de préservation. L’organisation est particulièrement apte à développer des partenariats qui conjuguent la protection historique avec des objectifs de développement économique. Mme Crowther est impliquée aux niveaux régional et national, notamment avec des associations telles que le National Trust for Historic Preservation. Elle fut d’ailleurs sélectionnée comme première directrice exécutive locale pour présider le programme National Trust’s Statewide and Local Partners. Elle est également affiliée à l’organisation National Arts Strategies, qui participe au développement du leadership des gestionnaires du domaine des arts, en les aidant à élaborer de nouvelles approches permettant de relever les défis les plus difficiles auxquels ils font face. En 2007, elle a été pressentie pour participer à un échange avec des professionnels français, un événement organisé dans le cadre du Courants Professional Exchange Program régi par la French-American Foundation (New York, NY).

HARWOOD, Sister Rita Mary
Diocèse de Cleveland
(États-Unis)

Sœur Rita Mary Harwood, Sœur de Notre‑Dame, dirige le Secretariat for Parish Life and Development pour le Diocèse catholique de Cleveland, dans l’Ohio. Une part importante de ses responsabilités consiste à être au service des paroisses et de tous les organismes laïques et ministères ethniques du Diocèse. Depuis 1994, Sœur Rita Mary Harwood a contribué à la planification et à la mise en œuvre de l’initiative « L’Église dans la ville » (the Church in the City initiative), un énoncé pastoral, publié par l’Évêque Anthony M. Pilla du Diocèse de Cleveland, qui vise à attirer l’attention sur les effets de l’étalement urbain tentaculaire et de l’émigration des peuples sur le futur de la communauté catholique dans son diocèse. En tant que porte‑parole de cette initiative, Sœur Harwood s’est adressée aux groupes à l’échelle locale, nationale et internationale. Plus récemment, elle a pris part à l’élaboration d’un plan pour l’avenir des paroisses du Diocèse qui comprendra la fermeture et la fusion d’un grand nombre de paroisses. Sœur Harwood a obtenu sa maîtrise ès arts en administration et surveillance de l’enseignement de la John Carroll University.

Résumé:
À Cleveland, en Ohio, on prévoit l’annonce imminente de la fermeture de trente à quarante lieux de culte. Assurer la gestion d’un tel nombre de propriétés dans une ville dont le marché immobilier est anémique, voire déprimé, représente un problème inimaginable, mais auquel nous devons néanmoins faire face. Au cours des vingt dernières années, une alliance efficace s’est établie entre les communautés religieuses, universitaires et de protection du patrimoine historique pour répondre à la problématique des lieux de culte excédentaires de façon à respecter le souvenir, la signification et l’importance architecturale des propriétés religieuses. Trois études de cas de réutilisation réussie de bâtiments religieux seront examinées:

  1. un centre d’art à but lucratif utilisant le sanctuaire comme galerie et salles locatives et les espaces ancillaires comme studios et résidences;
  2. une société à but lucratif se spécialisant dans l’invention et la conception de nouveaux produits;
  3. un club de jeunes à but non lucratif offrant service de garde dans un lieu supervisé et en sécurité après la journée scolaire.
 

BRIAND, Jean-François
La transformation de Saint-Nicolas de Vitré : des questions pratiques aux enjeux de conservation

Architecte-urbaniste de l’État
(France)

Originaire de Bretagne, Jean-François Briand est architecte à Paris depuis l’obtention de son diplôme en 1983. Après plusieurs années d’exercice libéral, il passe le diplôme de l’École de Chaillot en 2006, et après une année comme architecte de la Ville de Saint-Germain-en-Laye, il est reçu au concours d’Architecte-Urbaniste de l’État en 2007. À ce titre, il occupe, depuis septembre 2008, un poste de chargé de mission à la Direction de l’architecture et du patrimoine au ministère de la Culture et de la Communication. Il est notamment en charge de la question de la patrimonialisation de la production architecturale entre 1940 et 1980. Parmi ses principaux centres d’intérêt, citons l’architecture monastique du XVIIe au XIXe siècle, les jardins et l’urbanisme en France au XVIIIe siècle ou encore, l’identité régionale en Bretagne entre les deux guerres.

Résumé:
Le monastère de Saint-Nicolas de Vitré en Bretagne a une longue histoire qui en fait un lieu de mémoire exemplaire et un témoin unique de la vie sociale et monastique d’une communauté féminine. Les Augustines hospitalières de la miséricorde de Jésus ont en effet occupé les lieux, de la construction du monastère en 1655 jusqu’en 1974. La vente et la division en deux entités – un musée municipal dans la chapelle et un centre de réinsertion sociale dans l’ancien hôpital – ont alors permis d’éviter le pire. Le monastère conserve d’ailleurs encore aujourd’hui de nombreux éléments architectoniques d’origine, et son domaine est relativement intact. À la lumière de la situation juridique actuelle, des usages et du rôle de l’institution patrimoniale et des collectivités locales, nous analyserons les solutions de réutilisation envisageable pour ce type de bâtiment.

 

CAMIRAND, Sylain
Le projet d’acquisition et de mise en valeur du domaine de l’abbaye d’Oka

Corporation de l’Abbaye d’Oka
(Canada)

Spécialisé en psychosociologie de la communication, Sylvain Camirand a occupé divers postes de direction. Il a été simultanément directeur général de deux centres de recherche d’emploi, soit Montréal métro et Laurentides, Lanaudière, Laval. De plus, il a agi comme coordonnateur du comité consultatif pour les travailleurs et travailleuses de 45 ans ou plus. Il a ainsi participé à l’élaboration et à la mise en œuvre de la Stratégie d’intervention provinciale à l’intention des travailleurs âgés et du plan d’action qui y est associé. M. Camirand a aussi enseigné et dirigé des ateliers sur différents sujets, tels que la gestion prévisionnelle de la main-d’œuvre, l’insertion et le maintien en emploi des travailleurs et travailleuses d’expérience. Une fine connaissance du marché du travail lui a permis d’élaborer et de mettre en œuvre des stratégies régionales d’attraction des personnes immigrantes pour les régions de Laval et Laurentides. Il agit comme directeur général de la Corporation de l’abbaye d’Oka depuis deux ans.

Résumé:
En août 2003, les moines décident de se départir de l’abbaye et de ses dépendances, et de s’installer dans la région de Saint-Jean-de-Matha. Quatre ans plus tard, ils consentent à vendre les lieux à la Corporation de l’abbaye d’Oka. Appuyée par la communauté et la municipalité d’Oka qui se sont mobilisées, la Corporation proposait une mission de conservation du patrimoine associée à un plan d’affaires prometteur. Ce dernier comporte quatre axes de développement, soit le tourisme, l’éducation, les arts et la culture, l’agroalimentaire, et il reçoit l’appui des partenaires utilisateurs des lieux.

Cette conférence présentera l’élaboration de ce plan d’affaires et plus particulièrement les stratégies proposées pour assurer la rentabilité financière de ce projet ambitieux.
 

CARR, Geoffrey
Héritage accidenté : politique de commémoration et pensionnats amérindiens

Université de la Colombie‑Britannique
(Canada)

Geoffrey Carr est doctorant au Département d’histoire de l’art, des arts visuels et de la théorie à l’Université de la Colombie‑Britannique. Ses recherches portent sur l’art et l’architecture aux 19e et 20e siècles, les commémorations et les discours liés à la réconciliation sociale. Il rédige actuellement un mémoire sur l’histoire de l’architecture du système des pensionnats amérindiens en Colombie-Britannique.  

Résumé:
Cette présentation examine l’incapacité actuelle des politiques fédérales à gérer l’héritage architectural du système de pensionnats amérindiens. Ce réseau national d’institutions, mis en place pour donner une formation religieuse, morale et scolaire aux enfants autochtones, donne naissance à un ensemble particulièrement insoluble de problèmes pour les organismes officiels qui sont responsables de la préservation de notre mémoire nationale. De manière plus précise, nous étudierons la façon dont, de nos jours, un certain nombre d’installations scolaires en Colombie‑Britannique sont réutilisées (à des fins aussi disparates qu’un luxueux centre de villégiature, un lieu de pèlerinage catholique romain et un « parc du patrimoine » privé) afin de voir dans quelle mesure, si c’est le cas, ces témoins architecturaux modifieront le récit du passé colonial canadien. À l’heure actuelle, nous ne pouvons pas chercher à reconnaître le patrimoine que représentent ce système et ses installations sans aborder un problème dont la solution n’est pas sans équivoque. Cependant, je crois qu’il vaut la peine de déployer ces efforts si le Canada veut tenter de préserver son patrimoine colonial et améliorer ses relations avec ses populations autochtones.

 

CHEVREFILS DESBIOLLES, Yves
Le patrimoine, création contemporaine. L’Institut Mémoires de l’édition contemporaine à l’abbaye d’Ardenne (Caen, France)

Institut Mémoires de l’édition contemporaine
(France)

Docteur en histoire de l’art et responsable des fonds artistiques à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), Yves Chevrefils Desbiolles est un spécialiste des revues d’art publiées en France durant le XXe siècle. Ses travaux récents portent sur des artistes tels que Jean Hélion, Christian Dotremont, André Fougeron, ainsi que sur l’essayiste Waldemar-George, dans une perspective d’histoire de la critique d’art. L'abbaye d’Ardenne, à propos de laquelle il a récemment publié une monographie, est son lieu de travail habituel.

Résumé:
En 2004, une bibliothèque pouvant abriter environ 60 000 ouvrages et recevoir 27 lecteurs était inaugurée par l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine dans une abbatiale du XIIIe siècle utilisée comme grange depuis la Révolution française et totalement désaffectée depuis la Seconde Guerre mondiale. L’église de l’abbaye d’Ardenne n’est pas la seule à avoir été adaptée aux besoins d’un institut, lui-même voué à la préservation d’un patrimoine documentant l’activité éditoriale et intellectuelle du XXe siècle. La grange aux dîmes, le pressoir, le farinier, la grande maison de maître ont eux aussi été profondément transformés en fonction des préconisations d’un vaste programme architectural. Comment le déploiement des activités liées à la triple vocation de l’IMEC (conservation et recherche, diffusion culturelle, accueil de visiteurs) a contribué non seulement à préserver et à valoriser un lieu ancien, mais encore à « créer du patrimoine », telle est la question qui traversera cet exposé.

 

COOMANS, Thomas
L’ordre autour du cloître : l’architecture des abbayes et des couvents, entre tradition, réformes et réaffectations

Vrije Universiteit Brussel
(Belgique)

Thomas Coomans est historien de l’architecture et archéologie du bâtiment, et docteur en histoire de l’art de l’Université catholique de Louvain. Successivement rattaché aux universités de Leiden et de Leuven, il est l’auteur de recherches sur différents aspects de l’architecture religieuse, tant médiévale que néo-médiévale, et sur la problématique de conversion. Il est aussi l’auteur de nombreux ouvrages et articles, en plus d’avoir codirigé la publication des actes du colloque Quel avenir pour quelles églises ?/What Future for Which Churches ? (Presses de l’Université du Québec, 2006). Il est professeur d’histoire de l’architecture et de la conservation du patrimoine à la Vrije Universiteit Brussel et anime des séminaires au Raymond Lemaire International Centre for Conservation de l’Université de Louvain. Il est également membre de la Commission royale des monuments et des sites à Bruxelles.

Résumé:
Au sein de la tradition monastique chrétienne séculaire et apparemment immuable, l'architecture a contribué à l'adaptation de la vie régulière aux besoins changeants de la société (spirituels, colonisateurs, militaires, enseignants, hospitaliers, missionnaires), tout en favorisant l'affirmation d'identités fortes et spécifiques aux différents instituts religieux, dans un esprit apostolique et évangélisateur. Le cadre bâti des communautés religieuses a évolué au gré des grandes étapes d'une histoire monastique quasi bimillénaire, contemplative et active, masculine et féminine, rurale et urbaine. L'architecture des abbayes et des couvents en Europe sera examinée en tant que processus d'organisation matérielle et symbolique de l'espace et du temps, soumis à la clôture monastique et à des règles de vie. Les changements parfois brutaux de visions du monde (réforme protestante, révolution française, déchristianisation contemporaine) ont donné lieu à des suppressions et à des destructions, mais également à des réaffectations prouvant le potentiel architectural des ensembles organisés autour de cloîtres.

 

DA SILVA, Maria Angélica
VASCONCELLOS, Ana Claudia
Vocation religieuse et exigences séculaires: nouvelles perspectives pour le couvent franciscain de Sainte Marie-Madeleine, nord-est du Brésil

DA SILVA, Maria Angélica
Université fédérale d’Alagoas
(Brésil)

Maria Angélica Da Silva est une architecte qui détient une maîtrise et un doctorat en histoire sociale. En 2006-2007, elle a aussi bénéficié d’une bourse de recherche postdoctorale à l’Université d’Évora, au Portugal, parrainée par le CAPES, au Brésil et la Fondation Calouste Gulbenkian, à Lisbonne. De 1996 à 2000, elle a été chercheuse‑boursière membre de l’Architectural Association School, à Londres, et parrainée par le CAPES, au Brésil. Ses travaux ont été publiés à l’échelle internationale : « l’Encyclopédie de l’architecture vernaculaire » (Encyclopedia of Vernacular Architecture) a été publiée à Cambridge et le « Journal de la Société d’histoire des jardins » (Journal of The Garden History Society) a été publié à Londres. Elle a aussi participé à divers événements universitaires au Portugal, en Roumanie, en Écosse, au Chili, en Australie, au Japon et en France. En 2007, elle a remporté un concours international d’articles sur les sites patrimoniaux modernes répertoriés par l’UNESCO, soutenu par le Conseil universitaire ibéro‑américain. Mme Da Silva est professeure, doyenne à l’Université fédérale d’Alagoas et membre chercheuse du Conseil national pour le développement scientifique et technologique (CNPq) du Brésil.

VASCONCELLOS, Ana Claudia
Université fédérale d’Alagoas
(Brésil)

Ana Claudia Vasconcellos Magalhães a complété une licence en histoire à l'Universidade Federal de Alagoas (2005), un diplôme en architecture et en urbanisme à l’Universidade Federal de Alagoas (1987) et une maîtrise en architecture et en urbanisme à la même université (2005). Mme Vasconcellos est responsable du patrimoine au sein du Secretaria de Cultura do Estado, professeur à la Fundação Educacional Jayme de Altavilla et architecte pour la Sociedade Nossa Senhora do Bom Conselho. Elle est actuellement responsable des travaux de restauration du couvent Santa Maria Madalena (Marechal Deodoro, Alagoas). Elle est aussi membre du Groupe de recherche sur l’étude des paysages à l’Universidade Federal de Alagoas.

Résumé:
L’an 2009 marque le 800e jubilé de l’acceptation officielle par le Vatican de l’ordre des Franciscains. Cette année est également celle du 350e anniversaire du couvent séraphique de Sainte-Marie-Madeleine, à Marechal Deodoro dans la région Nordeste du Brésil. Cet important monument baroque est classé site historique national et a récemment été restauré et ce bien qu’il ne soit plus un lieu d’habitation religieux. Cette présentation examinera les répercussions de la sécularisation du monument et explorera des façons de réintégrer les bâtiments et les espaces verts attenants dans leur voisinage urbain. Nous explorerons la façon dont une récente proposition de redéveloppement respecte non seulement les forces architecturales du bâtiment, mais également le couvent comme monument civique.

 

DE MAEYER, Jan
Le patrimoine historique et culturel des instituts religieux en Belgique : les instruments de conservation et de gestion dans la Communauté flamande

Katholieke Universiteit Leuven
(Belgique)

Jan De Maeyer est professeur d’histoire moderne à la Katholieke Universiteit Leuven (Faculté des arts, unité de recherche Modernité & société 1800 2000) et directeur du KADOC, le Centre de recherche et de documentation pour l’étude de la religion, de la culture et de la société. Ses recherches se concentrent sur l’histoire de l’Église et de la religion; l’histoire des idéologies, notamment l’ultramontanisme et le corporatisme; l’histoire des mouvements ouvriers et de la culture des travailleurs; l’histoire de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie; et les relations entre la religion et l’art. Il est fondateur et porte parole du Forum européen pour la recherche sur les instituts religieux en Europe (European Forum for Research on Religious Institutes in Europe) pour les XIXe et XXe siècles et du Centre de ressources de recherche et de base de données pour l’étude des structures intermédiaires en Flandre aux XIXe et XXe siècles (Research Resource Centre and Database for the Study of 19th and 20th Century Intermediary Structures in Flanders – ODIS); président de l’Institut historique belge (Belgian Historical Institute) à Rome; secrétaire du Centre pour l’art et la culture religieuse (Centre for Religious Art and Culture) à l’abbaye du Parc Heverlee Louvain et membre des comités de rédaction de la Revue d’histoire ecclésiastique et de la Schweizerische Zeitschrift für Religions- und Kulturgeschichte.

Résumé:
Aux XIXe et XX siècles, la Belgique fut un pays où les instituts religieux se développèrent de manière considérable et participèrent non seulement à l'organisation catholique de la société (enseignement, hôpitaux, oeuvres sociales, œuvres pastorales, etc.), mais également à l'effort missionnaire (à partir des années 1890 en particulier au Congo belge). Conscients du problème de recrutement, ces instituts pensèrent dès les années 1970 à l'avenir de leur patrimoine. Les différents instruments de gestion mis en place pour conserver et mettre en valeur archives, bibliothèques et mobilier des instituts religieux en Communauté flamande de Belgique seront présentés dans cette communication : KADOC-Centre de documentation et de recherche : Religion, Culture, Société (institut interfacultaire de la Katholieke Universiteit Leuven, fondé en 1976, agré en 1985 et subventionné par la Communauté flamande); CRKC Centre d'art et de culture religieuse (structure interdiocésaine, agrée comme centre d'expertise en 2009 et subventionnée par la Communauté flamande); FOKAV Forum d'archives de l'Église en Flandre; et le tout nouveau Musée de l'abbaye de Park (2009).

 

DROUIN, Martin
Les luttes pour la sauvegarde des édifices conventuels dans les années 1970 et le développement de la conscience patrimoniale au Québec

Institut du patrimoine, UQAM
(Canada)

Martin Drouin est actuellement coordonnateur de l’Institut du patrimoine et professeur associé au Département d’études urbaines et touristiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Docteur en études urbaines, il vient de terminer une recherche postdoctorale, financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), sur la genèse du combat du patrimoine à Montréal, dans la même institution. Un premier stage postdoctoral, financé par le Fonds de recherche sur la société et la culture (FQRSC), l’avait amené, à l’Université de Bretagne occidentale, à s’intéresser au mouvement de sauvegarde du patrimoine religieux. Auteur de nombreux articles, il a publié l’ouvrage Le combat du patrimoine à Montréal (1973-2003) (PUQ, 2005) et dirigé le collectif Patrimoine et patrimonialisation : du Québec et d’ailleurs. (MultiMondes, 2006).

Résumé:
Les années 1970 furent le théâtre d’innombrables démolitions qui décimèrent le paysage bâti ancien. La constitution de groupes et d’associations de sauvegarde du patrimoine marqua cependant un tournant par rapport à la décennie précédente. À n’en pas douter, ces derniers ont développé, par les pressions sur la place publique et l’argumentaire pour la sauvegarde des édifices, une conscience patrimoniale dont la résonance se fait sentir jusqu’à nos jours. À partir d’exemples de campagnes de sauvegarde qui se sont déroulées à Montréal, Québec et Ottawa dans les années 1970, nous tenterons de mettre en relief la place originale occupée par les édifices conventuels dans le développement de la conscience patrimoniale au Québec.

 

DUBOIS, Martin
La connaissance du patrimoine bâti des communautés religieuses de la ville de Québec comme outil de planification

Patri-Arch
(Canada)

Titulaire d’un baccalauréat en architecture et d’une maîtrise en histoire et conservation de l’Université Laval, Martin Dubois préside la firme de consultants en patrimoine et architecture Patri-Arch depuis 1997, où il dirige et réalise des travaux d’inventaire, des études de caractérisation, des évaluations patrimoniales et des outils de gestion pour des villes, des municipalités régionales de comté (MRC) et des organismes gouvernementaux partout au Québec. Martin Dubois œuvre à la sauvegarde du patrimoine au sein de divers organismes et enseigne à l’École d’architecture de l’Université Laval. Il a publié de nombreux articles et ouvrages sur le patrimoine bâti et l’architecture contemporaine.

Résumé:
Devant la pression croissante se faisant sentir sur les couvents et monastères situés sur son territoire, la Ville de Québec a décidé d’être proactive en se dotant d’études adéquates pour mieux contrôler le développement de ces propriétés. En 2005, elle a confié le mandat à la firme de consultants en patrimoine Patri-Arch d’évaluer 56 ensembles conventuels de Québec selon une approche pluridisciplinaire alliant histoire, urbanisme, paysage et architecture afin de bien comprendre leur évolution dans le temps et leur importance dans le milieu. De cette évaluation ont découlé des orientations qui balisent la protection, la mise en valeur, le potentiel de recyclage des immeubles et le développement des propriétés visées. Ce nouvel instrument permet à la Ville de « voir venir », de planifier ses interventions à moyen et à long termes et de donner aux communautés religieuses un outil leur permettant de mieux connaître l’intérêt et l’importance de leurs propriétés.

 

ESPONDA, Mariana
CARALT, David
Le monastère de Montserrat, au XXIe siècle

ESPONDA, Mariana
Université Carleton  
(Canada)

Mariana Esponda est professeure adjointe à la School of Architecture & Urbanism, à l’Université Carleton d’Ottawa, Canada. Elle a enseigné en tant que professeure invitée au Mexique (à l’UNAM, de 2003 à 2009), en Espagne (à l’Université polytechnique, de 2004 à 2008) et aux États‑Unis (à la Brown University, en 2004 et 2007; ainsi qu’au Massachusetts Institute of Technology en 2007).

Elle a obtenu son doctorat en construction, restauration et rénovation de l’Université Polytechnique en 2004; sa thèse était intitulée : « Évaluation du béton armé comme technique de restauration structurelle » (« Assessment of Reinforced Concrete as a Structural Restoration Technique »). Depuis 2001, elle a publié des articles sur la restauration des édifices patrimoniaux en Espagne et au Mexique.

De 2000 à 2007, elle a entrepris des projets de restauration et de réhabilitation des monuments historiques à Barcelone et au Mexique. Ses recherches se concentrent sur les utilisations, les effets et la protection du béton armé dans les bâtiments antiques et modernes, l’évolution des techniques de construction, ainsi que la réutilisation adaptive et la restauration dans les zones de patrimoine culturel.

CARALT, David
Université Polytechnique de Catalogne
(Espagne)

David Caralt est architecte. Il détient une maîtrise en histoire et théorie de l’architecture de l’Université Polytechnique de Catalogne (UPC) obtenue en 2008. Il a étudié les dessins du Monastère de Montserrat réalisés en 1803 par le voyageur français Alexandre de Laborde, a poursuivi sur ce thème dans sa thèse de doctorat et prépare actuellement un livre qui sera publié à la fin 2009. Il a remporté le Prix des jeunes architectes en 2008 du Collège officiel des architectes de Catalogne (COAC) pour son article intitulé : « Les graffitis d’Enric Miralles dans le cimetière d’Igualada ». Il a passé une année à Rome en 2004 à l’Université de Rome III, terminant ses études en histoire de l’architecture. Depuis 2005, il travaille à la restauration d’édifices patrimoniaux en Espagne.



Résumé:
Le monastère des Bénédictins, à Montserrat, en Catalogne, est un important centre de pèlerinage depuis le Moyen Âge.  Il a cependant été détruit pendant les guerres napoléoniennes (1811) et abandonné en raison du désengagement de l'église en tant que propriétaire (par succession) du monastère, de 1835 jusqu’au milieu du XIXe siècle; moment où commencèrent les travaux de sa reconstruction.

La transformation de l’utilisation du monastère est devenue plus complexe avec l’augmentation de l’affluence de visiteurs, attirés non seulement par la valeur symbolique du lieu, mais aussi par son emplacement singulier. Cela a motivé les interventions sur la trame urbaine, au début du XXe siècle, par l’architecte Josep Puig i Cadafalch (1925-1928), qui y incluait la construction de places publiques, d’un musée et d’une bibliothèque.  Puis vint la participation financière du gouvernement local pour améliorer l’accès au site, avec l’ajout d’un funiculaire et d’une télécabine. Cette opération de réhabilitation a été suivie par plusieurs autres interventions, notamment  l’ajout controversé d’un restaurant (1976)  et d’autres, plus respectueuses, qui suscitèrent un riche débat sur la patrimonialisation de ce site (Arcadi Pla, 1994-2001).

En bref, l’intérêt de Montserrat s’exprime dans la façon dont le monastère, tout en conservant sa fonction d’origine, fut adapté au tourisme de masse.

 

FAUCHER, Jean-Robert

Radio-Canada
(Canada)

Jean-Robert Faucher est diplômé en journalisme et en géographie. Il est reporter à la télévision de Radio-Canada à Québec depuis 1979. Il a longuement couvert la scène municipale avant d’être affecté, en 1999, comme journaliste-réalisateur, à l’émission Second Regard, où il s’est rapidement fait connaître par ses nombreux reportages sur le patrimoine religieux.

 

FONEROD, Anne
Les éléments d'un partenariat pour une valorisation culturelle du patrimoine conventuel et monastique

CNRS Strasbourg
(France)

Après une thèse en droit public consacrée au régime juridique du patrimoine cultuel à l’Université Paris XI-Sceaux en 2006, Anne Fornerod a fait des études postdoctorales durant deux ans au Centre national de la recherche scientifique (CNRS – laboratoire PRISME) à Strasbourg, dont le thème de recherche principal portait sur l’aumônerie de l’enseignement public en France. Depuis, elle continue à travailler au CNRS en collaborant aux projets de ce centre, qui traitent du pluralisme religieux en Europe et de la lutte contre les discriminations religieuses notamment. Parallèlement, ses recherches sont consacrées aux liens entre intégration et laïcité.

Résumé:
La conversion de l'ensemble monastique soulève une double problématique : celle du régime complexe de propriété de ces ensembles, qui détermine la gestion et la conciliation des usages auxquels ils sont affectés, et le choix des acteurs d'un partenariat. Cette communication cherchera à explorer des procédés permettant d'associer la communauté à la mise en valeur de l'édifice lorsque celle-ci repose sur l'usage originel ou actuel des lieux, soit lorsque les usages culturels s'ajoutent à la vie religieuse, soit lorsque l'usage religieux a disparu, afin de cerner comment le dialogue et la cohabitation entre l'usage religieux et la fréquentation d'ordre culturel s'établit de façon plus ou moins réussie. Plus précisément, notamment par les exemples de l'abbaye de Sainte-Foy à Conques, du Mont-Saint-Michel et de Jumièges, on examinera comment l'usage religieux imprègne ou non la présentation de la mémoire des lieux, elle-même modulée par ses responsables ecclésiaux ou civils.

 

GILBERT, Virginie
L’assimilation culturelle des lieux conventuels dans le tissu urbain lyonnais

CED Ingénierie
(France)

Ayant initialement complété une formation scientifique, Virginie Gilbert a acquis une sensibilité scénographique grâce à une Licence de théâtre complétée à l’Université Paris 8, ainsi que des compétences en gestion/conception de projets culturels dans le cadre d’un Master à l’Université Lyon 2. Son expérience professionnelle à la Fondation du patrimoine lui révéla le besoin d’accompagnement des collectivités sur les projets de reconversion des bâtiments patrimoniaux. Lors de sa spécialisation sur cette question à l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers, elle a été accueillie en thèse professionnelle par les Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec, et a contribué à l’élaboration d’une méthodologie de programmation des espaces du monastère. Actuellement, elle est consultante en valorisation du patrimoine.

Résumé:
Cette communication propose une étude de huit cas tirés de l’espace urbain de la ville de Lyon, inscrite sur la liste du patrimoine mondial. Nous découvrirons quatre bâtiments dont le programme d’origine était basé sur les fonctions sociales et l’organisation d’une communauté religieuse. Nous analyserons les modalités de l’évolution de ces bâtiments devenus aujourd’hui des institutions phares de la vie culturelle lyonnaise et nous interrogerons sur l’accessibilité de la mémoire des communautés d’origine. Nous présenterons ensuite quatre bâtiments autrefois conventuels et en phase de transition, tant sur le plan de leur usage que de leur propriété. À travers le croisement des points de vue des personnes impliquées dans le devenir de ces édifices, nous dégagerons l’angle de questionnement de leur reconversion et montrerons comment il induit, de manière implicite, une forme particulière de résolution. Nous conclurons sur le devenir du patrimoine immobilier des communautés religieuses actuelles au sein de la société civile.

 

GRAGERT, Jeremy
BREWSTER, Aaron
Une nouvelle génération et une nouvelle voie pour le monastère Saint-Bède

GRAGERT, Jeremy
University of Wisconsin (Université du Wisconsin)
(États-Unis)

Jeremy Gragert est un étudiant de troisième cycle qui poursuit des études supérieures en administration des affaires étudiantes à l’University of Wisconsin‑La Crosse, et qui occupe un poste d’assistant de recherche à titre de coordonnateur du développement durable pour l’association étudiante et la salle à manger de l’établissement. Né à Minneapolis, dans le Minnesota, Jeremy Gragert a obtenu un diplôme en histoire à l’University of Wisconsin-Eau Claire en 2005 où il fonda un journal étudiant en 2003. Après ses années d’université, il a passé plus de deux ans à diriger des projets de lutte contre la pauvreté à Eau Claire, dans le Wisconsin, en tant que « Volunteer In Service To America » (VISTA) sous l’égide du programme de service national AmeriCorps. Il a été reconnu par le gouverneur de l’État du Wisconsin pour son service communautaire exemplaire en 2007, ainsi que par le Sierra Club pour ses compétences en leadership dans le cadre d’initiatives visant à promouvoir le développement durable dans la région d’Eau Claire en 2008. En 2007‑2008, Jeremy Gragert a siégé au conseil de l’organisation de développement communautaire sans but lucratif Downtown Eau Claire, Incorporated.

BREWSTER, Aaron
University of Wisconsin (Université du Wisconsin)
(États-Unis)

Aaron Brewster est un étudiant de premier cycle à l’University of Wisconsin‑Eau Claire, qui se spécialise dans l’économie avec mineure en sciences politiques. Il joue un rôle actif au sein de l’association étudiante et de la section étudiante de l’American Civil Liberties Union, ainsi qu’au sein de Foodlums, un groupe militant en faveur des aliments biologiques. En novembre 2008, il a travaillé dans tout le pays en tant qu’organisateur d’événements pour une campagne politique nationale. Dans la collectivité d’Eau Claire, dans le Wisconsin, il siège au comité directeur de la Third Ward Neighborhood Association et participe activement à la vie politique locale. Aaron Brewster siège également au conseil d’administration du United Council of University of Wisconsin Students, l’association étudiante de l’État, en plus d’être membre de la West Central Wisconsin Rail Coalition.

Résumé:
Le monastère Saint-Bède, avec ses 45 hectares (112 acres) de terrain pourrait devenir un jour le site d’une communauté d’apprentissage et de vie pour les étudiants universitaires et l’ensemble de la collectivité d’Eau Claire, État du Wisconsin, aux États-Unis. Ce lieu occupe un endroit idéal à seulement cinq kilomètres (trois milles) du centre-ville et de l’université de Wisconsin–Eau Claire. Lors de sa fondation en 1964, Saint-Bède était à la fois monastère et école secondaire. La portion-école a cependant fermé ses portes en 1978 et le monastère est devenu un modeste centre de conférences et de retraites.

Le monastère et le centre de Saint-Bède, avec ses 6 500 mètres carrés (70 000 pieds carrés), est aujourd’hui à vendre. Notre groupe proposera pour Saint-Bède un avenir qui épouse les intérêts des Sœurs Bénédictines qui continueraient à y habiter. Nous envisageons la création d’une entité à but non lucratif pour assurer la gestion du monastère et y créer un lieu où les gens peuvent vivre, travailler et s’amuser, tout en profitant également de l’accès à une institution offrant des programmes d’éducation centrés sur la durabilité et l’autosuffisance environnementale.

 

JÉBRAK, Yona
À la fois couvents et écoles, les pensionnats religieux au Québec entre les années 1940 et 1960

Institut du patrimoine, UQAM
(Canada)

Formée en urbanisme, Yona Jébrak a obtenu un doctorat en études urbaines à l’UQAM sur les processus de résilience urbaine des villes reconstruites, sous la direction de Luc Noppen et Lucie K. Morisset. En plus d’avoir publié plusieurs articles sur le sujet, elle a également codirigé, avec Barbara Julien, Les temps de l’espace public urbain : construction, transformation et utilisation, une publication parue aux Éditions MultiMondes en 2008.

Résumé:
L’histoire de l’enseignement au Québec est intimement liée au développement des congrégations religieuses, tant féminines que masculines, en particulier à celles issues du milieu catholique. En 1964, le gouvernement provincial crée le ministère de l’Éducation et inscrit sa politique éducative dans un mouvement plus vaste de laïcisation de ses équipements et de ses infrastructures. Cependant, si de nouvelles écoles sont construites, il ne faut pas oublier que, durant cette même période, les congrégations religieuses abritent un nombre record de membres, plus de 35 000 dans les communautés féminines, dont la majorité se consacrent essentiellement à l’enseignement, et 10 000 dans les communautés masculines. Le Canada ecclésiastique de 1960 recense plus de 1800 établissements, dont 253 pensionnats, dirigés par l’une ou l’autre des 67 congrégations religieuses féminines enseignantes. Si on y ajoute les congrégations enseignantes masculines de langue française, c’est dire la place qu’occupe le patrimoine conventuel dans le paysage architectural de la province, un paysage en évolution puisque, là où des séminaires et des pensionnats pour filles, souvent assimilés aux couvents dans le langage courant, sont abandonnés, d’autres sont construits. Cette communication propose d’aborder la question de ce patrimoine à travers l’évolution des couvents construits entre les années 1940 et 1960.

 

JONVEAUX, Isabelle
Patrimonialisation des monastères en Europe et nouvelles charges symboliques pour les moines

École des hautes études en sciences sociales – CEIFR
(France)/
Università degli Studi di Trento
(Italie)

Isabelle Jonveaux, doctorante à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris et à l’Università degli Studi di Trento, termine actuellement une thèse sur l’économie des monastères contemporains en comparaison européenne. Elle collabore au groupe de recherche Modernité et Catholicisme au Centre Interdisciplinaire des Faits Religieux et contribue régulièrement au bulletin bibliographique des Archives de Sciences Sociales des Religions. Elle a publié une étude sur une retraite de Carême par Internet révélant les nouvelles pratiques que permet ce média et un article sur l’usage d’Internet par les moines et l’éventuelle remise en cause de l’extramondanité qu’il occasionne.

Résumé:
Si certains lieux religieux tombent en désuétude, il semble que, grâce à une interaction entre les nouvelles propositions des moines et les nouvelles demandes de la société sécularisée, le monde monastique puisse devenir le lieu de pratiques complètement redéfinies. Un nouveau public non nécessairement croyant se presse à ses portes à la recherche d'un patrimoine commun, originel. Ainsi, les monastères illustrent la patrimonialisation de la religion en devenant, pour un certain public, non plus des lieux proprement de pratique religieuse traditionnelle, mais des lieux riches en témoignages et conservateurs de traditions si importants dans la société du changement. Mais comment, alors, se conjuguent la pratique religieuse en ces lieux et leurs nouvelles fréquentations, surtout lorsque les moines qui les habitent deviennent eux-mêmes des éléments patrimoniaux? Les enjeux vécus et illustrés par ce patrimoine « vivant » peut-il nous éclairer sur le devenir des lieux désaffectés?

 

LACASSE, Marc
Enjeux et perspectives du patrimoine archivistique religieux du Québec

Univers culturel de Saint-Sulpice/Comité des archives du Conseil du patrimoine religieux du Québec
(Canada)

Marc Lacasse est titulaire d’une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information avec option en archivistique (1994) de l’Université de Montréal. De 1989 à 1997, il travaille à la gestion des documents et des archives dans des organismes privés et publics des domaines du droit, de l’enseignement, des arts, du syndicalisme, de la gestion immobilière et du transport collectif. À compter de 1997, il devient le premier archiviste laïque des archives des Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal. Il est actuellement le coordonnateur du Département des archives de l’Univers culturel de Saint-Sulpice. Il poursuit un long engagement dans les associations du domaine des archives, dont les archives ecclésiastiques.

Résumé:
La place prépondérante des communautés religieuses et de l’Église dans l’émergence de la société québécoise à compter du XVIIe siècle ainsi que leur rôle jusqu’à ce jour dans le développement des services de santé, de l’éducation, de la culture et de la société en général se traduisent par une richesse du point de vue archivistique. La préservation de cet héritage archivistique religieux, constitué de repères dans le temps, représente un défi individuel et collectif.

Devant la transformation accélérée des sociétés, les repères ainsi légués par les générations constituent des capsules temporelles que l’on ouvre périodiquement afin d’en explorer le contenu et de soutenir l’action présente pour être en mesure de faire face aux défis présents et futurs.

Pour répondre à ce double défi, le Comité des archives du Conseil du patrimoine religieux du Québec présentera diverses actions afin d’encourager la connaissance, la conservation, la transmission et la gestion de cet héritage.

 

LESSARD, Marie
L'intérêt et les limites du système urbanistique pour la conservation du patrimoine conventuel : deux cas de transformation montréalais

Conseil du patrimoine de Montréal
(Canada)

Marie Lessard est urbaniste et professeure titulaire à l’Institut d’urbanisme de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal. Son enseignement et ses recherches en cours portent sur le design et le projet urbains, ainsi que sur la gestion du patrimoine urbain. Depuis 1991, elle enseigne et mène des projets de recherche en Amérique latine, principalement à Puebla (Mexique), au sein du groupe interuniversitaire de Montréal Villes et développement. Au Québec, elle s’est impliquée activement dans divers comités et organismes d’évaluation de projets d’architecture et d’urbanisme. Depuis septembre 2007, elle partage son temps entre ses activités universitaires et la présidence du Conseil du patrimoine de Montréal, instance consultative de la Ville en matière de patrimoine.

Résumé:
Si les affectations du sol « grande propriété institutionnelle » et « couvent, monastère ou lieu de culte » sont inscrites formellement au Plan d'urbanisme de Montréal, l'usage des ensembles conventuels n'est pas protégé de tout changement, bien que la conversion ne soit pas prévue ni conçue par les outils urbanistiques actuels. Cette communication propose de réfléchir sur l'intérêt et les limites des outils urbanistiques et des outils démocratiques (consultation publique, référendum), en relation avec les échelles d'intervention et de contrôle patrimonial, pour la conservation et la mise en valeur du patrimoine construit et naturel de ces ensembles, ainsi que pour la prise en compte de l'esprit du lieu. Cela sera particulièrement observé à travers le processus d'évaluation et d'encadrement de deux projets récents de transformation en des résidences luxueuses proposés pour la maison-mère des sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-Marie et l'ancien séminaire de philosophie des prêtres de Saint-Sulpice.

 

LOZANO SANTÍN, Ana Magdalena
L’expérience mexicaine de la réutilisation et l’adaptation des couvents

Consejo Nacional para la Cultura y las Artes (Conseil national de la culture et des arts)
(Mexique)

Ana Lozano est historienne de l’art. Elle a obtenu un diplôme avec distinction de l’Universidad Iberoamericana à Mexico, où elle a siégé en tant que membre consultatif. Elle a étudié les fondements de l’architecture et détient une maîtrise en communication culturelle de l’Universidad de Barcelona. Elle est coauteure d’un livre sur la vision et l’art, et a participé en tant que conférencière au second Congrès national de théorie architecturale à l’Universidad Nacional Autónoma de México; sa présentation traitait de l’architecture religieuse du XXe siècle. Son expérience professionnelle comprend aussi sa collaboration à un plan de développement urbain de la Division de la conservation du patrimoine et un poste de chercheuse au sein du Département de conservation du Musée Franz Mayer; elle a aussi travaillé au Conseil national pour la culture et les arts du Mexique, dans la division chargée de la restauration et de la conservation des monuments appartenant à l’État et ayant une valeur artistique et historique dans le pays, en particulier les édifices religieux.

Résumé:
Après l’indépendance du Mexique, le gouvernement libéral a nationalisé en 1859 les biens de l’Église car celle-ci détenait la majeure partie de la richesse territoriale du pays.

Des dommages irréparables ont été causés, mais ces circonstances historiques ont également conduit à de nombreuses adaptations réussies, telles que le Musée Franz Mayer qui se trouve dans un ancien hôpital religieux datant de 1582 et qui est aujourd’hui considéré comme un havre de paix au milieu de la ville, ainsi que le Palais du gouvernement de l’État de Morelia, à l’origine un séminaire. Parmi les autres exemples, on compte le séminaire des Jésuites de San Ildefonso, qui devint plus tard une école où furent éduquées de nombreuses personnalités célèbres et qui est aujourd’hui un musée, la bibliothèque Lerdo de Tejada, autrefois une église et dont l’extérieur est aujourd’hui décoré de 2 000 mètres carrés de fresques murales dépeignant des idéaux socialistes et l’édifice de l’Association des banquiers, qui combine avec respect l’ancien Colegio de Niñas (Collège de filles) et un exemple d’architecture mexicaine contemporaine. Enfin, le couvent de Sainte-Catherine-de-Sienne à Oaxaca mérite d’être mentionné, car après différentes utilisations, il est aujourd’hui devenu un hôtel élégant et magnifiquement bien adapté.

 

LUCIER, Pierre
Traditions spirituelles et esprit du lieu

INRS-Urbanisation, Culture et Société
(Canada)

Titulaire de la Chaire Fernand-Dumont sur la culture (INRS-Urbanisation, Culture et société), où il œuvre dans l’axe de recherche Culture, religion et société, Pierre Lucier est titulaire d’un doctorat d’État de l’Université des Sciences humaines de Strasbourg, après avoir rédigé une thèse sur l’empirisme logique. Il a été professeur à l’Université de Montréal, puis administrateur d’État au gouvernement du Québec, où il a été notamment sous-ministre de l’Éducation, sous-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, président du Conseil supérieur de l’éducation et président du Conseil des universités. De 1996 à 2003, il a été président de l’Université du Québec.

Résumé:
Les traditions religieuses et spirituelles se sont inscrites dans des habitats et des lieux de culte et d’accueil souvent très différents, à l’image des insistances particulières de leur adhésion croyante et de leurs règles de vie. Entre les spiritualités des familles religieuses, l’aménagement architectural de leurs couvents et bâtiments, et les modalités de leur présence et de leur action, il y a dès lors des correspondances qui comptent pour beaucoup dans l’esprit du lieu qui habite ces ensembles. C’est cet esprit du lieu qui constitue l’assise de la signification culturelle des « couvents » et qui peut fournir les balises d’une réaffectation civile susceptible de respecter et de prolonger leur potentiel symbolique.

À partir de quelques exemples tirés des règles et constitutions d’ordres religieux et de leur traduction dans des habitats et sites, on s’emploiera à cerner et à illustrer certaines de ces homologies porteuses.

 

MARTIN, Tania
DUFAUX, François
Quelques hypothèses sur une fiducie du patrimoine conventuel : l’aménagement physique, social et économique du monastère des Pères de l’Assomption à Sillery

MARTIN, Tania
Université Laval
(Canada)

Professeure à l’École d'architecture de l’Université Laval, Tania Martin est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine religieux bâti depuis 2005. Spécialiste de l’histoire de l’architecture, de l’architecture vernaculaire et des paysages cultuels nord-américains, elle a obtenu un baccalauréat en architecture à l’Université de Toronto, puis une maîtrise en architecture à l’Université McGill. Alliant histoire de l’architecture et histoire sociale, sa recherche a porté sur la maison-mère des Sœurs Grises à Montréal, qui met en lumière le lien intime entre l’organisation de l’architecture, les règles de vie des religieuses et la nature de leurs œuvres. Cette étude est ensuite devenue le point de départ de sa recherche doctorale réalisée à l’Université de Californie à Berkeley, axée sur le déploiement des communautés religieuses en territoires canadien et américain. Tania Martin est membre nommé de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Elle est également affiliée à plusieurs associations professionnelles.

DUFAUX, François
Université Laval
(Canada)

François Dufaux est architecte, diplômé de l’École d’architecture de l’Université Laval et titulaire d’une maîtrise en urbanisme de l’Université McGill. Il a obtenu, en 2007, un doctorat en architecture de l’Université de Londres, sous la direction de la professeure Julienne Hanson de l’École des études supérieures de la Bartlett. Sa thèse sur l’origine de la tradition résidentielle à Montréal a remporté le prix Phyllis-Lambert de l’Institut du patrimoine de l’Université du Québec en 2008. Son enseignement à l’Université Laval aborde la question de l’avenir du patrimoine religieux à travers cinq ateliers au programme de maîtrise depuis 2004. Ces exercices de recherche-création avec les étudiants ont abordé divers enjeux liés à la réhabilitation de l’architecture religieuse. Entre 2006 et 2008, il a dirigé un groupe de quelques étudiants dans une recherche et analyse architecturale du monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec qui pose les balises d’une compréhension intégrée du patrimoine bâti.

Résumé:
Le monastère des Pères de l’Assomption présente une étude de cas qui fait le pont entre les considérations architecturales en patrimoine bâti et paysagé, les objectifs sociaux, en proposant d’accueillir un éventail de ménages par leurs tailles, leur composition et leurs ressources, et les conséquences financières pour la rentabilisation de l’opération et son impact fiscal sur la municipalité.

Cette recherche-création vise à dégager quelques observations opérationnelles pour la sauvegarde du patrimoine religieux et tente de dénouer l’impasse entre l’importance historique reconnue, l’appropriation du domaine immobilier pour les besoins présents et la sauvegarde à long terme d’un patrimoine collectif, de propriété légale privée et à la vocation avant tout communautaire. Il s’agit d’une démarche qui cherche à préserver les intérêts de la communauté à court et long terme, et de ménager les ressources publiques. L’exploration du recours à une fiducie permet d’élaborer quelques hypothèses sociales, économiques et architecturales qui suggèrent que la mise en valeur demande de poursuivre le partenariat historique entre la société civile et les communautés religieuses.

 

MONTMINY, Paul
L’héritage des actifs religieux : des modèles de propriété à apprivoiser

(Canada)

Paul Montminy est conseiller en développement d’organismes à but non lucratif et travaille presque exclusivement avec des organismes dans les secteurs de l’éducation, de la culture et des affaires communautaires. Ses principaux champs d’intérêt sont le financement des OSBL, la gestion des ressources humaines bénévoles, le leadership des conseils d’administration, la mise sur pied et le développement des fondations, l’investissement socialement responsable, l’innovation sociale et la stratégie organisationnelle. En 2007, il a publié un ouvrage intitulé La Fondatique, l’art et la science du financement des associations (Éditions du ROPPH-Mauricie). Il œuvre comme bénévole au sein d'organismes à but non lucratif depuis une quarantaine d’années. Il a reçu en 1991 le titre de Chevalier de l’Ordre des Palmes académiques, décerné par le Ministre de l'Éducation nationale de France. Paul Montminy est le concepteur de la structure organisationnelle à trois volets qui prendra la responsabilité de l’avenir du Lieu de Mémoire des Augustines.

Résumé:
Au Québec seulement, l’héritage physique qui sera laissé, d’une manière ou d’une autre, à la société civile par l’Église catholique au cours des prochaines décennies atteindra une valeur économique globale proprement phénoménale. Qui donc peut prendre la relève de ces propriétés, qu’elles soient modestes ou fabuleuses? Les gouvernements? Rarement. Le secteur privé? À l’occasion. En fait, la vraie solution viendra du secteur associatif.

La présentation portera sur les modèles de propriété associative, existants ou encore à inventer. On examinera notamment la fiducie d’utilité sociale, la coopérative de solidarité, l’emphytéose et la servitude, sans oublier la structure classique des OBNL. La pertinence respective de ces divers outils sera analysée en fonction de leur potentiel d’adaptabilité aux circonstances et de leur capacité à faciliter l’appropriation citoyenne et la patrimonialisation de l’héritage à recevoir.

 

NELISSEN, Nico
Les couvents : un héritage sans avenir?

Université Radboud, Nimègue
(Pays-Bas)

Le Dr. Nico Nelissen est né en 1942 à Maastricht, aux Pays‑Bas. Il a étudié les sciences sociales à l’Université de Tilburg; son mémoire de doctorat était intitulé : « L’écologie sociale » (1970). Il a ensuite été professeur à l’Université Radboud de Nimègue, aux Pays‑Bas, d’abord en sociologie urbaine et ensuite en administration publique. Il a écrit quelque cinquante ouvrages scientifiques sur la sociologie urbaine, les problèmes environnementaux, l’administration publique, la planification urbaine, l’architecture, la protection des monuments, la réglementation esthétique, la réutilisation des monuments et ainsi de suite. Il est aussi l’auteur de plus de 500 articles parus dans des revues scientifiques nationales et internationales et est considéré comme un excellent chercheur dans ces domaines. Le Dr. Nelissen a reçu de nombreux prix pour ses travaux de recherche, a été le conseiller de plusieurs ministères du gouvernement néerlandais et a mené divers travaux de recherche pour les institutions européennes. Il préside de multiples organismes néerlandais dans le domaine de la protection des monuments et de la réglementation esthétique.

Résumé:
Les Pays-Bas ont déclaré 2008 l’« Année du patrimoine religieux ». Un groupe de travail a élaboré, avec le soutien du gouvernement hollandais, un plan stratégique pour la protection et la réutilisation respectueuse du patrimoine religieux en général. Le patrimoine religieux bâti, ce ne sont pas seulement les églises, les chapelles, les synagogues et les mosquées, mais également les lieux d’habitation religieux, les couvents. Les Pays-Bas comptaient autrefois des centaines de couvents. Aujourd’hui, 170 d’entre eux conservent leur fonction religieuse et, parmi ceux-là, l’on s’attend à ce que 150 perdent cette fonction au cours des dix prochaines années. Notre tâche pour l’avenir est de trouver aux couvents de nouvelles fonctions, - ou des fonctions supplémentaires -, mais tout n’est pas approprié. Il faut cibler des propositions de réutilisation qui respectent tout à la fois le patrimoine culturel et le caractère sacré des couvents. Une typologie de stratégies sera présentée et un exemple fourni pour chacune d’entre elles.

 

OLIVEAU-MOORE, Sophie
L’Académie Sainte-Anne de Victoria : un monument historique à la mémoire d’une congrégation

Ladybird Communications
(Canada)

Originaire de France, Sophie Oliveau-Moore a fait ses études à Paris et est diplômée de l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD). Résidant en Colombie-Britannique depuis 1984, elle se passionne pour l’histoire de la présence francophone dans cette province. Elle a effectué un travail de recherche sur le passé francophone de Victoria pour l’Association historique francophone de Victoria. Elle a également publié un article sur l’Académie Sainte-Anne de Victoria dans l’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française. Elle est membre des conseils d’administration des Friends of St. Ann’s Academy et de la Société francophone de Victoria. Elle agit de plus comme graphiste et traductrice (français-anglais) au sein de sa propre entreprise de communication, Ladybird Communications.

Résumé:
Située au cœur de Victoria, la capitale de la Colombie-Britannique, l’Académie Sainte-Anne fut pendant un siècle la maison-mère des Sœurs de Sainte-Anne sur la côte ouest. Cette congrégation religieuse, fondée au Québec, envoya des sœurs missionnaires qui jouèrent un rôle crucial dans l’histoire de l’éducation et de la santé en C.-B. Bâtie au cours d’une période d’une trentaine d’année sur des plans qui évoquent l’apparence classique et majestueuse des couvents du Québec, l’Académie abrita un collège de filles ainsi qu’un couvent et un noviciat. Au début des années 1970, faisant face à divers bouleversements financiers et sociaux, la congrégation vendit le bâtiment au gouvernement provincial, à la condition expresse qu’il accepte d’établir sur les lieux un centre d’interprétation à la mémoire du travail accompli par les religieuses en Colombie-Britannique. À la suite d’un singulier concours de circonstances favorables, mais aussi d’habiles négociations de la part de la congrégation, l’Académie est aujourd’hui un bâtiment qui offre aux habitants de Victoria un témoignage concret de leur histoire, ainsi qu’une manifestation de la présence des Sœurs de Sainte-Anne en C.-B.

 

PÉNEAU, Jean-Pierre
LEROUX, Jean-François
JOANNE, Pascal
La mémoire du sensible conventuel : le cas de l’abbaye de Clairvaux

PÉNEAU, Jean-Pierre
Centre de recherche méthodologique d’architecture
(France)

Jean-Pierre Péneau est architecte, docteur en histoire des sciences et des techniques, professeur honoraire des écoles d’architecture et membre titulaire de l’Académie d’Architecture. Il est actuellement professeur-visiteur à l’Université de Carthage (Tunisie). Il a travaillé sur la théorie des ambiances, ainsi que sur les relations entre théorie architecturale et climat. « Villes, ambiances et références du projet », Les cahiers de la recherche architecturale, n°42-43, 1998 ; « Les ambiances urbaines » in M. F., Mattéi, D. Pumain, Données urbaines 3, Paris, Anthropos, 2000 ; « Sens, sensible aux premiers temps de Clairvaux », Bernin, Editions A la Croisée, 2007.

LEROUX, Jean-François
Centre de recherche méthodologique  d’architecture
(France)

Jean-François Leroux-Dhuys a été longtemps tout à la fois maître d’ouvrage au sein d’un grand groupe bancaire français et journaliste. Il est conservateur et fondateur de l’Écomusée du Cristal de Bayel (Manufactures royales de Champagne). Il a été élu membre de l’Association internationale des critiques d’art et de l’Académie d’Architecture. Il s’est intéressé à l’abbaye de Clairvaux depuis 1955, puis est devenu président de l’Association Renaissance de l’abbaye de Clairvaux. Il est président de la Charte européenne des abbayes et sites cisterciens. Il est maire honoraire de la ville de Bar-sur-Aube.

JOANNE, Pascal
Centre de recherche méthodologique  d’architecture
(France)

Pascal Joanne, architecte de formation, est docteur en science de l’ingénieur et enseignant-chercheur à l'École nationale supérieure d'architecture de Nantes. Il dirige le laboratoire Cerma de l’Unité Mixte de Recherche CNRS ambiances architecturales et urbaines. Il travaille sur la caractérisation et la restitution des conditions de confort dans les édifices ou les sites remarquables et plus particulièrement sur les espaces architecturaux cisterciens médiévaux. Ambiances et références du projet, Ambiances architecturales et urbaines, 1998, n°42-43, pp.25-35 Ed. Parenthèses (Les Cahiers de la Recherche Architecturale).

Résumé:
La prestigieuse abbaye cistercienne de Clairvaux devint, au début du XIXe siècle, le plus grand établissement pénitentiaire de France en occupant les bâtiments du XVIIIe siècle et les anciennes constructions du XIIe. Une nouvelle maison centrale pour les longues peines a été édifiée en 1970 sur le site, et les bâtiments anciens sont en cours de restauration et de réaffectation. Des visites et des animations sont organisées ; elles accueillent des milliers de visiteurs. Un centre d’étude et de rencontre sur la question de l’enfermement est en gestation.

Dans ce contexte, nous avons été amenés à lancer des travaux de recherche sur le vécu sensible des occupants successifs des lieux. Des méthodes de simulation numérique permettent de restituer les formes et les dispositions des bâtiments disparus, mais également les ambiances sonores, lumineuses et thermiques correspondant aux usages passés de Clairvaux. Elles ouvrent un volet muséographique novateur. Elles posent aussi le problème du passage de l’espace conventuel à l’espace carcéral, puis muséal.

 

ROBITAILLE, Denis
Le lieu de mémoire habité des Augustines

Monastère des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec
(Canada)

Denis Robitaille est chargé de projet du lieu de mémoire habité des Augustines dans le Vieux-Québec.  Il a contribué à différentes activités de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine religieux, notamment dans Portneuf.  Il est l’auteur d’un guide, L’âme d’un lieu (2004), sur le sens et l’usage du patrimoine que recèle une église paroissiale.

Résumé:
Les Augustines ont fondé le premier hôpital au nord du Mexique, l’Hôtel-Dieu de Québec, et, au cours des siècles, onze autres monastères-hôpitaux au Québec.  Confrontées au vieillissement et à la diminution de leurs membres, elles ont résolu de regrouper leur patrimoine culturel (archives et collections) dans le monastère d’origine et de l’offrir à l’usage de la population.

Dans ce lieu de mémoire, les visiteurs auront droit à un contact privilégié avec l’espace de vie d’une communauté de soignantes où seront préservés le décor et l’ambiance.  On favorisera cette expérience non seulement par la visite du monastère, du musée et des archives, mais aussi en offrant d’y séjourner.  De plus, des soignants d’aujourd’hui y trouveront un espace de répit et de ressourcement inspirant.  Cette nouvelle habitation de ce lieu fondateur assurera la continuité de sa mission et une mise en valeur inédite.

 

 

SIMMONS, Troy Joseph
WISTER, MGR Robert
Le patrimoine religieux culturel de l’Archidiocèse catholique du New Jersey

SIMMONS, Troy Joseph
Archidiocèse de Newark et Drew University
(États-Unis)

Depuis quatre ans, Troy Joseph Simmons occupe la double fonction d’historien de l’architecture et de directeur du patrimoine de l’archidiocèse de Newark, dans le New Jersey. Bien que des postes semblables existent dans d’autres pays, M. Simmons est le premier à occuper un tel rôle pour l’American Roman Catholic Church (église américaine catholique romaine). En outre, il occupe actuellement le poste de directeur adjoint du développement pour l’archidiocèse de Newark et un poste d’enseignant au sein du programme de protection des monuments historiques de Drew University.

Il est membre de la Samuel H. Kress Foundation et diplômé de la Columbia University Graduate School of Architecture and Historic Preservation. De plus, il a obtenu une maîtrise en histoire à Seton Hall University. M. Simmons est coauteur des « lignes directrices sur la manipulation des objets relevant du patrimoine ecclésiastique » (Guidelines Concerning the Handling of Ecclesiastical Patrimony), qui instruit les pasteurs et les administrateurs sur la manière adéquate de gérer les œuvres d’art et les artéfacts qui ont une valeur historique pour l’archidiocèse. En 2006, M. Simmons a agi à titre de commissaire pour l’exposition intitulée Form, Function & Faith (qui avait pour thème « la forme, la fonction et la foi ») qui s'est tenue à Seton Hall University.

WISTER, MGR Robert
Archidiocèse de Newark et Seton Hall University
(États-Unis)

Mgr Robert J. Wister, prêtre de l’archidiocèse de Newark, est professeur associé et directeur du département d’histoire ecclésiastique à l’Immaculate Conception Seminary School of Theology et membre de la School of Diplomacy and International Relations (école des relations diplomatiques et internationales), deux écoles relevant de Seton Hall University. Après avoir suivi des études théologiques au North American College à Rome, il a obtenu une maîtrise en théologie sacrée auprès du Union Theological Seminary à New York. Plus tard, il a obtenu un doctorat en histoire ecclésiastique, avec très grande distinction, à la Pontifical Gregorian University à Rome. À Seton Hall University, il donne de nombreux cours sur l’histoire de l’Église catholique romaine. Mgr Wister est également membre du conseil d’administration de Seton Hall University, président de la commission du patrimoine ecclésiastique de l’archidiocèse de Newark (Newark Archdiocesan Commission for the Ecclesiastical Patrimony) et président de la faculté théologique de la division pastorale (Theological Faculty of the Pastoral Provision).


Résumé:
L’Archidiocèse catholique romain du New Jersey compte plus de 1 400 propriétés et est le plus grand propriétaire foncier de l’état le plus densément peuplé des États‑Unis. La Commission pour le patrimoine ecclésiastique (Commission for Ecclesiastical Patrimony) a pour but de protéger les trois dimensions du patrimoine de l’Archidiocèse. Depuis sa création en 2004, il a joué un rôle de conservateur des objets artistiques et historiques qui constituent une partie importante de la diaspora catholique romaine du New Jersey central et septentrional. Au cours des cinq dernières années, l’Archidiocèse s’est efforcé de fournir non seulement des solutions post‑traumatiques, mais aussi des soins préventifs dans sa gestion de la fermeture de ses paroisses ou institutions religieuses.

Cette présentation soulignera les efforts de l’Archidiocèse pour aborder des questions telles que la propriété, l’utilisation et la mémoire par le biais d’une présentation de son travail au cours des cinq dernières années. Des exemples et des études de cas illustrant l’expérience de l’Archidiocèse en matière de réutilisation adaptative, de protection historique des installations fermées, de recyclage des équipements architecturaux historiques ainsi que les leçons tirées des erreurs passées seront fournis.
 

TRANVOUEZ, Yvon
Friches monastiques en longue durée : les ruines de l’ancienne abbaye de Landévennec, entre réinvestissement religieux et remploi culturel

Université de Brest
(France)

Né en 1950, Yvon Tranvouez, docteur en histoire, habilité à diriger des recherches, est professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Brest (France) et directeur adjoint du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC). Spécialiste du catholicisme français contemporain, il a consacré la plupart de ses recherches aux mutations du XXe siècle, en portant une attention particulière aux diverses échelles d’observation et un intérêt spécifique à deux terrains privilégiés : les militants chrétiens de gauche, d’une part, la chrétienté bretonne, d’autre part. Ses travaux actuels s’orientent vers la crise et la recomposition du catholicisme français depuis les années 1960, notamment à travers l’étude de la patrimonialisation du religieux.

Résumé:
Victime comme bien d'autres de la Révolution française, l'abbaye de Landévennec, tombée en ruine, fit l'objet, durant l'entre-deux-guerres, d'une réappropriation symbolique par le mouvement national breton qui en fit le coeur historique de la Bretagne. Puis des moines y revinrent, en 1950, qui choisirent de maintenir les ruines en l'état auprès de leur nouveau monastère. La célébration du quinzième centenaire de l'abbaye en 1985 suscita une mise en valeur : fouilles, visites, musée. On se propose d'évoquer cette histoire et de montrer les problèmes posés aujourd'hui par cette curieuse cohabitation du religieux et du culturel, le mort restant en quelque sorte sous le contrôle du vif par le droit de veto dont le père abbé dispose au sein de l'association gestionnaire du musée, mais le vif étant à nouveau menacé de mort, cette fois par tarissement des vocations : le nouveau monastère ne compte plus qu'une vingtaine de moines.

 

TURGEON, Laurier
SAINT-PIERRE, Louise
La mémoire orale des couvents du Québec : conservation et mise en valeur

TURGEON, Laurier
Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, Université Laval
(Canada)

Laurier Turgeon est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique et professeur d’ethnologie et d’histoire à l’Université Laval (Québec, Canada). Directeur actuel de l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval, il a été professeur invité à Harvard University, à l’Université de Paris I-Sorbonne, à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris), à l’Université de Provence, à l’Université de Genève et research fellow à la Newberry Library (Chicago), à la John Carter Brown Library (Brown University) et à la Bineicke Library (Yale University). Il est auteur d’une dizaine de livres et d’une soixantaine d’articles publiés dans des revues scientifiques. Il a obtenu, pour son livre Patrimoines métissés : contextes coloniaux et postcoloniaux (Éditions MSH, Paris, 2003), le prix Luc-Lacourcière, attribué au meilleur livre d’ethnologie de l’Amérique française. Il vient de publier un ouvrage, avec Octave Debary de l’Université de Paris V, intitulé Objets et mémoires, coédité par les Éditions de la Maison des sciences de l’homme (Paris) et Les Presses de l’Université Laval (Québec) en 2007.

SAINT-PIERRE, Louise
Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique, Université Laval
(Canada)

Louise Saint-Pierre détient une maîtrise en ethnologie de l’Université Laval.  Professionnelle de recherche, elle est présentement coordonnatrice de l'inventaire du patrimoine immatériel religieux du Québec à la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique de l’Université Laval, de même que consultante au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec.  En collaboration avec M. Laurier Turgeon, Mme Saint-Pierre a récemment publié l’article « Prolégomènes à une base de données multimédia du patrimoine religieux immatériel du Québec : conserver pour communiquer », (Lefebvre, Solange (dir.), Le patrimoine religieux du Québec : Éducation et transmission du sens?, Québec, Presses de l’Université Laval, 2009, p. 85-106.).

Résumé:
Cette communication vise à présenter les premiers résultats d’un projet triennal (2009-2012) portant sur la conservation et la mise en valeur de la mémoire orale des communautés religieuses du Québec. Cette mémoire orale de la vie quotidienne est essentielle pour comprendre l’usage social d’éléments moins bien documentés par l’écrit, comme les jardins, certaines pièces des monastères, le mobilier, les objets et les pratiques, tant cultuelles (rites d’initiation, célébrations, fêtes) que culturelles (artisanat, cuisine, chant, musique). Pour conserver cette mémoire orale, nous avons mis au point une méthodologie d’enquête ethnologique axée sur la collecte de quatre types de récits — de lieu, d’objets, de pratiques et de vie —, par le texte écrit (un résumé sur une fiche informatisée), par le son (enregistrement de l’entrevue) et par l’image (enregistrement audiovisuel des pratiques). Le fichier informatisé est versé dans une base de données multimédia, accessible par un site Web, qui représente un important corpus de données inédites dans lequel les étudiants et les professeurs ou encore les architectes et les muséologues peuvent puiser.

 

VAN BALEN, Koenraad
VERPOEST, Luc
Le prieuré des Célestins à Louvain : de monastère à bibliothèque

VAN BALEN, Koenraad
Centre international Raymond Lemaire pour la conservation, Université catholique de Louvain
(Belgique)

Koenraad Van Balen a obtenu un diplôme d’architecte ingénieur de l’Université catholique de Louvain (Katholieke Universiteit Leuven) en 1979. Il a aussi obtenu, de la même institution, un diplôme supérieur en conservation architecturale en 1984 et un doctorat en ingénierie en 1991.

Il est directeur du Centre international Raymond Lemaire pour la conservation et professeur de génie civil à l’Université de Louvain. M. Van Balen a récemment été nommé titulaire de la chaire UNESCO sur la conservation préventive, la surveillance et l’entretien des monuments et des sites. Il est membre de plusieurs organismes internationaux traitant des constructions à la chaux, de la préservation du patrimoine, des questions techniques liées à la préservation et à la rénovation de l’architecture, et est aussi membre de Monumentenwacht (une association dédiée à la surveillance des monuments). Il est ou a été conseiller auprès, notamment, du Conseil de l’Europe, de la Commission européenne et de la Getty Foundation.

VERPOEST, Luc
Centre international Raymond Lemaire pour la conservation, Université catholique de Louvain
(Belgique)

Luc Verpoest est professeur à l’Université catholique de Louvain (Katholieke Universiteit Leuven), où il a obtenu un diplôme d’architecte‑ingénieur civil en 1969 et un doctorat en sciences appliquées en 1984. Avant sa carrière universitaire, il a travaillé en tant qu’architecte et conseiller auprès du Ministère de l'Éducation nationale à Kinshasa au Zaïre. Depuis 1984, il est professeur à l’Université catholique de Louvain en histoire de l’architecture (des XIXe et XXe siècles) ainsi que d’histoire et de théorie de la conservation, au Département d’architecture, d’esthétique et de planification urbaine (à la Faculté des sciences de l’ingénierie) et au Département d’archéologie, d’histoire de l’art et de musicologie (à la Faculté des arts); il a été professeur adjoint de 1969 à 1984. Il enseigne aussi au Programme de maîtrise des établissements humains et au Centre international Raymond Lemaire pour la conservation (ces derniers étant tous les deux rattachés à la Faculté de sciences de l’ingénierie) ainsi qu’au Programme d’études européennes (à la Faculté des arts). Il est membre de la Commission royale des Monuments et des Sites (de la région de la Flandre en Belgique), président de Monumentenwacht Vlaanderen (une association dédiée à la surveillance des monuments Flandre), et membre à la fois de DOCOMOMO International (un groupe de travail international dédié à la documentation et à la conservation des édifices, des sites et des ensembles urbains du mouvement moderne) et d’ICOMOS (Conseil international des monuments et des sites).

Résumé:
Au coin des rues Croylaan (rue de Croÿ) et Celestijnenlaan (rue des Célestins) à Louvain, en Belgique, se trouve un mur rouge. Caché derrière le mur, il y a un bâtiment refermé sur lui-même, qui ne révèle pas son passé d’emblée. Son histoire n’en est pas moins prestigieuse : il s’agit du monastère de l’ordre des Célestins, unique aux Pays-Bas, dont le fondateur fut un homme politique de stature européenne : Guillaume de Croÿ, conseiller des rois Philippe le Bel et Charles V.

Lors de la Révolution française, le prieuré changea de fonction; il fut partiellement détruit et démantelé. Au cours des dernières décennies du XXe siècle, le complexe a joué divers rôles pour l’Université catholique de Louvain avant d’être restauré en 2003 et de devenir la Bibliothèque universitaire Arenberg. Pour la complétion de ce projet, la proposition de l’architecte José Rafael Moneo a été retenue à la suite d’un concours international.

Cette présentation se fonde sur des documents ayant trait à ce concours, ainsi que sur des études préalables sur la conversion du prieuré des Célestins en bibliothèque universitaire effectuées au Centre international Raymond Lemaire pour la conservation.

 

VAN RUYMBEKE, Hubert

Les ateliers de Louvranges
(Belgique)

Hubert Van Ruymbeke est réalisateur et producteur à la tête de l’association Les ateliers de Louvranges. Il a réalisé et produit plus d’une centaine de films dans près de 50 pays sur les cinq continents. Depuis 30 ans, il a restauré et construit plusieurs lieux pour y faire naître des projets culturels, sociaux et spirituels. Il œuvre actuellement à la reprise de l’abbaye de Marche-Les-Dames en Belgique.

 

Documentaire

VAN RUYMBEKE, Hubert
La reprise de l'abbaye de Marche-Les-Dames

FAUCHER, Jean-Robert
Vers une nouvelle vie monastique (Société Radio-Canada)

 

Présentation par affiche

MARTIN, Tania
DUFAUX, François
Intervenir sur le patrimoine religieux : pistes de mise en valeur et de redéveloppement des propriétés conventuelles de l’atelier de design au programme de maîtrise de l’École d’architecture de l’Université Laval

Martin, Tania
Université Laval
(Canada)

Professeure à l’École d'architecture de l’Université Laval, Tania Martin est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine religieux bâti depuis 2005. Spécialiste de l’histoire de l’architecture, de l’architecture vernaculaire et des paysages cultuels nord-américains, elle a obtenu un baccalauréat en architecture à l’Université de Toronto, puis une maîtrise en architecture à l’Université McGill. Alliant histoire de l’architecture et histoire sociale, sa recherche a porté sur la maison-mère des Sœurs Grises à Montréal, qui met en lumière le lien intime entre l’organisation de l’architecture, les règles de vie des religieuses et la nature de leurs œuvres. Cette étude est ensuite devenue le point de départ de sa recherche doctorale réalisée à l’Université de Californie à Berkeley, axée sur le déploiement des communautés religieuses en territoires canadien et américain. Tania Martin est membre nommé de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Elle est également affiliée à plusieurs associations professionnelles.

DUFAUX, François
Université Laval
(Canada)

François Dufaux est architecte, diplômé de l’École d’architecture de l’Université Laval et titulaire d’une maîtrise en urbanisme de l’Université McGill. Il a obtenu, en 2007, un doctorat en architecture de l’Université de Londres, sous la direction de la professeure Julienne Hanson de l’École des études supérieures de la Bartlett. Sa thèse sur l’origine de la tradition résidentielle à Montréal a remporté le prix Phyllis-Lambert de l’Institut du patrimoine de l’Université du Québec en 2008. Son enseignement à l’Université Laval aborde la question de l’avenir du patrimoine religieux à travers cinq ateliers au programme de maîtrise depuis 2004. Ces exercices de recherche-création avec les étudiants ont abordé divers enjeux liés à la réhabilitation de l’architecture religieuse. Entre 2006 et 2008, il a dirigé un groupe de quelques étudiants dans une recherche et analyse architecturale du monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec qui pose les balises d’une compréhension intégrée du patrimoine bâti.

Résumé:
Depuis 2004, six ateliers au programme sur le patrimoine menant à l’obtention d’une maîtrise ont permis d’aborder divers enjeux liés au recyclage, à la réhabilitation et à la restructuration de bâtiments religieux, des églises et des couvents situés dans la ville de Québec. La recherche historique et architecturale confirme la pérennité des types et des principes de composition et de croissance de ces institutions désormais délaissées ou peu occupées. Toutefois, leur localisation dans un contexte urbain particulier colore considérablement les scénarios de reconversion sur le plan du programme.

Ainsi, le patrimoine religieux, dans sa formation, comporte des caractéristiques architecturales communes qui soulignent son héritage culturel « universel » et sa dimension nationale, mais il témoigne aussi des variations particulières modulées par le milieu d’implantation, jadis comme aujourd’hui. Les solutions de reconversion de ce patrimoine demeurent encadrées par cette médiation entre le général et le particulier, et confrontent la société civile à ses responsabilités dans ce patrimoine collectif, hier comme demain.

 

DUFAUX, François
LACHANCE, Mathieu
L’Hôtel-Dieu de Québec : logique historique et éthique contemporaine — La sauvegarde du monastère et l’agrandissement de l’hôpital

DUFAUX, François
Université Laval
(Canada)

François Dufaux est architecte, diplômé de l’École d’architecture de l’Université Laval et titulaire d’une maîtrise en urbanisme de l’Université McGill. Il a obtenu, en 2007, un doctorat en architecture de l’Université de Londres, sous la direction de la professeure Julienne Hanson de l’École des études supérieures de la Bartlett. Sa thèse sur l’origine de la tradition résidentielle à Montréal a remporté le prix Phyllis-Lambert de l’Institut du patrimoine de l’Université du Québec en 2008. Son enseignement à l’Université Laval aborde la question de l’avenir du patrimoine religieux à travers cinq ateliers au programme de maîtrise depuis 2004. Ces exercices de recherche-création avec les étudiants ont abordé divers enjeux liés à la réhabilitation de l’architecture religieuse. Entre 2006 et 2008, il a dirigé un groupe de quelques étudiants dans une recherche et analyse architecturale du monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec qui pose les balises d’une compréhension intégrée du patrimoine bâti.

LACHANCE, Mathieu
Université Laval
(Canada)

Matthieu Lachance est stagiaire en architecture depuis 2007, après avoir obtenu une maîtrise en architecture à l’École d’architecture de l’Université Laval. Il a participé, en 2006 et 2007, aux recherches sur le monastère de l’Hôtel-Dieu de Québec. Il s’intéresse à la pérennité du patrimoine bâti, constatant à regret les contraintes multiples qui défavorisent sa reconversion.

Résumé:
Le monastère des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec, fondé en 1639, demeure l’une des plus anciennes institutions en Amérique du Nord. Progressivement, depuis sa fondation, les bâtiments ont été agrandis, rénovés, transformés, démolis et reconstruits pour répondre aux besoins et aux aspirations de chaque époque. Aujourd’hui, l’Hôtel-Dieu est confronté à un avenir contrasté ; le monastère sera progressivement libéré par les Augustines ; l’hôpital, de son côté, envisage des travaux majeurs d’expansion.

Au cours des étés de 2006 à 2008, un petit groupe de trois étudiants a fait une recherche et une analyse architecturale des lieux. La recherche détaillée, de l’échelle urbaine jusqu’aux composantes du décor intérieur, démontre l’intérêt architectural des lieux, mais aussi les limites d’une authenticité historique générale. La transformation démontre aussi que les intentions initiales demeurent sous-jacentes et redonneraient une logique d’aménagement, rompue par la construction d’une tour de douze étages en 1957.

Un plan d’ensemble concerté entre les deux composantes de l’Hôtel-Dieu est impensable aujourd’hui. Toutefois, la recherche architecturale soulève des questions sur notre engagement envers le patrimoine et la nature idéologique de l’architecture hospitalière.